Partager l'article ! La Consolante, Anna Gavalda:   ...
Didascalie, Votre Cercle
Littéraire à Euromed Management
Quel livre avez-vous aujourd'hui dans votre
poche?
Une histoire entre l'auteur et le personnage principal où le lecteur n'est pas convié.
L'impression d'être en-dehors du secret persiste. Or quoi de plus agréable dans la lecture qu'un sentiment de connivence avec le personnage ? Ici les actions sont parfois incompréhensibles, souvent inintéressantes puis perdent toute logique au profit de l'expression des quelques sentiments négatifs et redondants, que le personnage principal ressent en contemplant sa vie. Pourtant l'auteur tente d'instaurer un léger suspense qui ne survit pas à la lourdeur du style, ni aux abandons répétitifs du personnage face aux obstacles de la vie.
L'histoire ? Charles, architecte aux responsabilités écrasantes, a une vie plutôt remplie. Lors d'un repas de famille, il apprend la mort de la mère de son ami d'enfance, femme qui incarnait la vie par excellence. Ce fait le déstabilise peu à peu. Il se rend compte alors de la vacuité de son existence, entre sa fille devenue ado-rebelle qu'il ne comprend pas, sa femme qu'il ne voit presque plus et ses contrats à la chaîne à l'autre bout du monde. Le mot "fatigue" apparaît à chaque ligne pour souligner le poids que porte ce quadragénaire au bout du rouleau. (Cet état de dépression nous est conté avec bien des longueurs). Il en sort enfin lorsqu'il se décide à rendre visite à son ami d'enfance. Dans cette petite ville, une femme héberge plein d'enfants et de nombreux animaux, une femme qui ressemble à cette mère morte, par son courage et sa vigueur, une femme dont il tombera amoureux et qui le sortira de sa torpeur. Ouf !
Le début paraît prometteur, notamment par l'originalité du style (l'auteur supprime le sujet des phrases, sachant qu'on parle toujours de Charles) et par ces sentiments noirs que le personnage développe et dont on souhaiterait connaître l'origine. Peu à peu, le style s'essouffle, l'absence de sujet ne permet pas toujours de savoir qui fait quoi et empêche le lecteur de se plonger tout entier avec Charles dans son histoire. Non seulement décevant, le récit ennuie par un cynisme extrémiste : tout est noir, pessimisme transmis par un vocabulaire lourd, peu diversifié, parfois vulgaire et qui tourne en rond. Le repas de famille au début a le mérite de faire sourire, mais tous ces personnages longuement décrits ne réapparaitront plus de tout le roman, où sont-ils passés ? On en développe une certaine frustration, notamment vis-à-vis de sa soeur Claire, qui par son célibat et son franc-parler choque les autres membres de cette famille plutôt conservatrice. Elle revient une fois seulement pour souligner à notre héros perdu qu'il devrait plutôt habiter dans cette ferme éloignée avec cette femme si forte. D'où sort-elle ? Où était-elle pendant ces mois noirs ? Et sa femme, qu'on ne connaît pas, dont Charles dit d'elle, suite à une de leur dispute, que "décidément elle n'a rien compris" (nous non plus), qui est-elle ? Pourquoi ne veut-elle pas l'aider ? Que fait-elle ??
Et puis, ce titre ? La consolante - partie pour du beurre, après la revanche et la belle -serait-ce pour nous signifier que le personnage a vécu sa vie "pour du beurre" ? Ce n'est pas le cas, puisqu'il aime son travail, se rend compte d'un manque dans sa vie puis comprend peu à peu ce qu'il veut.
L'impression qui ressort de ce livre peut faire croire que seules les coulisses de l'histoire nous ont été racontées. Or ne regarder que les scènes supprimées d'un film ne permet pas de le comprendre. Où sont donc les autres parties du roman qui contribuent à sa compréhension et à son intérêt ? En me prêtant ce livre et alors qu'elle n'avait lu qu'une centaine de pages (sur 600), mon amie m'avait prévenue : "l'auteur se moque de nous !" Elle avait vraisemblablement tout compris...
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